Élisa Huet remporte le Prix François Chalais 2017 Presse Écrite

Étudiante en 2e année à l’IEJ Paris, Elisa Huet a remporté le Prix François Chalais jeune reporter 2017, catégorie presse écrite, pour son portrait d’une jeune prostituée à Madagascar.

Pourquoi participer au Prix François Chalais ?

Une amie, Valentine Zeler, a gagné le prix l’année dernière dans la catégorie photo. Je me suis dit que je pouvais également participer. Même si je ne gagnais pas, c’était une manière de me mettre au défi et de voir ce que je valais. J’ai également été très soutenue par l’IEJ Paris qui nous pousse sans cesse à nous dépasser et à réaliser nos projets, comme partir à Madagascar.

Pourquoi présenter comme sujet le portrait d’une jeune prostituée de 13 ans à Madagascar ?

Je suis partie là-bas dans le cadre de l’IEJ pour réaliser mon premier sujet « carte blanche ». Je voulais comprendre la condition de la femme dans ce pays, sujet totalement d’actualité avec le phénomène #MeeToo. Seulement, il existe des pays dans lesquels on ne peut pas dire « moi aussi »… Pendant mon séjour là-bas, ce qui m’a le plus marqué, c’est le quotidien des jeunes prostituées. J’ai été bouleversée par cette petite fille. Je l’ai suivie pendant plusieurs jours, jusque derrière la porte de la pièce où elle emmenait ses clients. Faire son portrait a été une évidence pour moi et la rédaction s’est faite naturellement.

 

 

Pourquoi devenir journaliste ?

J’ai toujours été passionnée par l’écriture et le fait de raconter des histoires. Malheureusement, j’ai été diagnostiquée dyslexique à 13 ans et je pensais que cela me pénaliserait dans mon futur travail. En parallèle, j’ai toujours été passionnée par la photo et voulais photographier les guerres dans le monde. Finalement, au moment de choisir mon orientation post-bac, j’ai découvert que le journalisme me permettrait de combiner toutes mes envies, même si je devais combattre mes difficultés.

Comment combiner dyslexie et journalisme ?

La dyslexie fera toujours partie de ma vie. C’est compliqué car j’ai besoin de travailler plus que les autres. Avant, je le vivais mal, mais aujourd’hui, c’est devenu ma force. A l’IEJ, c’est un vrai bonheur car je peux travailler sans être jugée, même si j’y pense toujours.

Et maintenant, quels sont vos projets ?

Le fait de remporter le Prix François Chalais m’a permis de reprendre confiance en moi et j’ai envie de faire ce qui me plait. Je vais bien sûr finir ma formation à l’IEJ, puis continuer à faire des reportages à travers le monde. J’aimerais par exemple partir dès la fin de l’année au Venezuela pour parler de la crise économique et alimentaire ou bien au Benin pour faire un sujet sur l’excision des femmes ou encore suivre des migrants mexicains jusqu’aux États-Unis…

 

Voir l’interview d’Eglantine Despres

Voir l’interview d’Alexandre Jeanpierre

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